Carnet de pensées résistantes

10 février 2016

Centre commercial Atlantis, Nantes.

Centre commercial Atlantis à Nantes : Disneyland de la grande distribution, cathédrale de la consommation, ôde à la religion capitaliste... Tous y semblent heureux, tous y sourient, tous y dépensent dans l'allégresse, tous... De toutes les couleurs, de toutes les religions, de tous les bords, tous égaux, tous unis, tous consommateurs.

Atlantis. J'y ai passé une heure samedi soir (début janvier), une heure ébahie par l'horreur scintillante et souriante, blanc bleu. Une heure terrifiée, à la limite de rendre les armes, me disant "Nous ne faisons pas le poids contre... tout ça...". Quand le Capitalisme offre des palais à ses sujets, que nous reste t il comme arguments...?

 

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13 janvier 2016

J'emmerde

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J'emmerde ces vies réduites à des photos et à quelques mots, des profils plus ou moins privés, et auxquels j'attache tous mes désespoirs, toutes mes envies d'envieuse.

J'emmerde mes plus gros défauts : ma tendance à la dépression, mon besoin d'amour dévorant, mon désespoir, mon obsession dans ce désespoir, mon voyeurisme inexistant par ailleurs, soudainement exacerbé par la détresse et la douleur du non-amour, du désamour,

Et j'emmerde ceux qui jugent ça, en me lisant, en m'écoutant.

J'emmerde la folie dont ils m'affublent.

J'emmerde Yoann B pour qui je ne veux rien dire, à qui je disais tout.

J'emmerde mon besoin de lui plaire à travers tous les autres, mon besoin qu'ils me désirent moi, et seulement moi, comme à tout jamais, transféré chaque fois, d'un nouvel amour à un autre.

J'emmerde mon besoin d'Être, à leurs yeux, ma dévotion pour eux.

J'emmerde ma tristesse et ma terreur de ne pas être aimée comme j'aime, de ne pas être regardée comme je regarde, de ne pas exister comme ils existent.

J'emmerde Cédric D qui ne me dit rien, par pitié et parce que je ne suis rien, dont je ne sais rien ou presque rien, dont j'imagine la vie "amoureuse" ou sexuelle : les pièces d'un puzzle, des bribes de ce qu'il daigne me donner et ce que j'ai pu glaner. A partir de quoi, je me fais le film de ce qu'il n'est pas et de ce qu'il est.

J'emmerde ses femmes de passage dans ses contacts comme dans sa vie.

J'emmerde Emilie B et ses portraits clonés, ses sourires mielleux sans rage, ses images mièvres et sans vie, sans convictions, son droit qu'elle semble avoir, elle, d'exister, ailleurs qu'au bout de sa queue, et les idées que j'ai qu'elle le touche et qu'il la touche, à en gerber.

J'emmerde l'intérêt que je suppose qu'il lui porte.

J'emmerde Aurélie D, de passage, dont je ne sais rien non plus, dont j'invente tout, jusqu'aux nuits potentielles, ennivrées, dans les bras de celui qui me manquait, les idées que j'ai qu'elle le touchait et qu'il la touchait, à en gerber. Je l'emmerde, mais va savoir pourquoi, elle, je l'aime bien à la fois. Peut-être parce que je crois qu'elle me ressemble.

J'emmerde Aurélie B, avec ses paysages de rêve, ses vies-rêves, ses rêves de pieds, son fric présumé, ses accointances jalousées, son anglais comique et innaproprié, les idées que j'ai qu'elle le touche et qu'il la touche, parfois, juste après m'avoir touchée moi, quand l'occasion se présente, par habitude ou nostalgie, à en gerber.

J'emmerde Cécile F et sa bêtise affichée, les idées que j'ai qu'elle le touchait et qu'il la touchait, à en gerber.

J'emmerde Helene Truc, cette salope blonde qui me sort par les yeux sans même la connaître, dont j'imagine le pouvoir sur lui, comme deux amants d'amour qui refusent et acceptent à la fois de ne jamais être ensemble et de ne jamais être séparés, et les idées que j'ai qu'elle le touche et qu'il la touche, à en gerber.

J'emmerde sa queue insatiable, insatisfaite, ses capotes qui le suivent partout, des nuits à son travail, aux nuits chez lui, aux nuits d'ailleurs, sans moi.

J'emmerde l'infinité de visages dont je fais partie, comme un grand catalogue, comme des filles et des filles qui se succèdent, sans succès, en pleurant souvent pour l'attention qu'il distille dans ses caresses, qu'il reprend la porte passée, abandonnée.

J'emmerde Facebook, délateur, pourvoyeur d'exhibitions : du manger pour des affamés désespérés comme moi.

Et je m'emmerde moi et mon esprit torturé et que je torture et que j'incite à torturer.

J'emmerde ma colère persécutée, persécutrice, ce puits sans fond, abreuvé de mes délires, sans rien savoir, ni du vrai ni du faux.

J'emmerde mon entièreté et ma vérité sans faille.

J'emmerde qu'on ne m'aime pas.

Allez tous vous faire enculer,

Moi la première.

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29 juillet 2015

Prédation

Les hommes sont des dents et des griffes avant d'être leur queue. Et le plus insupportable, c'est cette insulte permanente qu'ils nous font, à nous les femmes, à agir, manœuvrer dans un seul but : éjaculer, pensant que nous ne voyons pas plus loin que leurs promesses et leurs flatteries.

Au moins, ceux qui lancent des "Hé mad'moiselle ! T'es trop charmante ! Tu veux boire un verre?" avant de finir sur le célèbre "Salope, va niquer ta race!", face aux refus, ont le mérite d'être honnêtes et de ne pas tergiverser. Limite, de nous prendre pour des salopes mais pas pour des idiotes.

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24 juin 2015

...

Il y a ce dont nos cerveaux sont capables, de conscience, de plaisir, de poésie, de réflexion, d'intensité, de jubilation, et ce qui nous est offert : la vraie vie. Et dans la vraie vie, il n'y a que des instants, à la hauteur de nos attentes, et sinon, la vacuité de l'entre-deux : soit toute une inexistence d'Ennui. D'où l'alcool, les plaisirs artificiels, les femmes et les hommes qui courent, les cœurs pris et fuis, les persévérances vaines, la Recherche, les croyances, Dieu, de quoi remplir l'immensité de ce vide sidérant sans jamais y arriver, d'abord pour l'ivresse, enfin pour ne plus reconnaître le néant, avant et au-delà de l'Instant car même la majesté du ciel ne saurait combler une vie... Le bonheur en somme, c'est la matière. L'Ennui : l'Energie noire.

 

Source: Externe

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25 mai 2015

Pi

J'entendais le clapotis de l'eau derrière le panneau coulissant qui me séparait de la salle de bain, et de lui. J'étais... étrangement sereine, sans appréhension, ni même aussi excitée, sexuellement excitée, que j'aurais cru l'être. Il était là. Moi aussi. Avec comme une vie devant nous, une vie entière, de quelques heures. Dehors, un autre clapotis se laissait entendre, celui de la pluie battante sous laquelle nous avions marché ensemble, à l'abri de mon parapluie chic. Un parapluie qui ne lui allait pas mais comme j'ai aimé ça, marcher, agrippée à son bras, sous cette averse nocturne et parisienne... 

 

Je l'attendais, agenouillée sur ce lit d'hôtel, cette dernière minute avant de le toucher comme si ces longs mois à le désirer, ces mois de violence frustrée, s'évaporaient sous la pluie.

 

Il repoussa le panneau de la salle de bain. Il était... lui, si présent et fort, si complice et tendre. Et je l'accueillais contre moi, ses bras qui m'enlaçaient enfin. Trois ans sans ces bras autour de moi... Cela me paraissait scandaleux. Trois ans sans qu'il me pénètre, comme contre nature, comme si nos corps, depuis la première fois, ne pouvaient plus s'imaginer sans lendemain, ou plutôt, sans une fois encore. Quel temps perdu...

 

Et des années plus tard, après ma brève hésitation...

 

- Je sais pas...

 

- Tu sais pas?

 

Et pas un seul autre traître mot.

 

Pourtant déjà fiévreuse contre son sein, je mimais le dilemme quelques secondes avant de rejouer le jeu, défini à l'avance dans nos rêves, nos fantasmes : sa chemise noire. Sa poitrine immense, son large cou, la puissance de ses épaules, mes lèvres, battantes, et l'étoffe retenue par quelques boutons... Je rejouais donc ce jeu, où mes baisers se posent partout, partout où je révèle peu à peu sa peau en écartant les pans noirs mués par sa respiration. Lentement, jusqu'au téton durci par ma langue...

 

Je sentais mon clitoris, lui aussi pulsatile, encore emprisonné, battre un peu plus fort à chaque centimètre carré dénudé. Son corps sous ma bouche. Ses mains sur moi. Le temps et l'espace plus définis qu'en ce point précis, à cet instant précis.

 

Je le redécouvrais comme sa première fois, comme onze ans auparavant, dans une autre chambre d'hôtel.

 

Le triangle de peau vierge de tout assaut que dessinait le col de sa chemise ouverte, me faisait l'effet d'un piège jugulaire, comme le pubis imberbe d'une femme piège l'œil et les crocs. Ce maigre espace en flèche que j'avais vu en rêve, en souvenir, m'exhortait au désir et à l'ivresse. Et j'y fourrais ma gueule affamée, sans retenue, enserrant son corps, l'oppressant, de mes mains contre ses reins, le forçant à plus de contact encore, ma bouche aimantée par ce triangle de fer blanc, prémices d'un fantasme assouvi, désillusoire, ennemi. A chaque bouton défait, m'apparaissait plus candide le vice de nos corps unis. J'allais. Lento. Et pourtant, je tirais, toujours plus fort, j'attirais plus encore, l'écrin de son épiderme contre mes muqueuses, mes bouches déployées, mes avides, d'un regard, précipitées.

Mes bouches, les broyées, fondaient sans commune mesure, sur ses terres promises puis avortées et enfin, soudoyées. Oui, je fondais, comme une bête aride sur un glacier, à dessein, sur ses parcelles gelées par l'espace et le manque, dans ses souffles rauques que je subissais : un oratorio ardent, une extase sinon divine, hérétique.

 

Je foulais moi-même, comme nous l'avions déjà écrit, la peau dont je le libérais. A chaque attache délivrée, j'apposais mes baisers. Et comme j'étais tentée d'aller plus loin... Adagio. D'aller plus vite, en éprouvant les coutures, en étirant l'étoffe dans laquelle je plaçais tant de convoitise. Mais. Mais j'allais, constante, en entrouvrant les lèvres, à mon inspiration, à mon expiration fidèle.

 

Finalement, je dévoilai son sein (« Qu'a t il, Souri de ses seins noirs, Agrippé aux cheveux? »), son téton électrique sous l'aiguillon de ma langue, dur comme le bijou qu'il arborait.

 

Comment vous exprimer... mon transport? Cet étourdissement, cette soûlerie... Cet inéluctable instant, comment vous le dessiner? Comment pourriez-vous savoir, sans avoir vous-mêmes été mon palais, mon ventre ou le mystère obscur que l'on devine, à l'arrière de mes cuisses.

 

Je crois que je ne savais plus moi-même ce qui se passait ailleurs que dans ma bouche, enroulant ma langue autour de son mamelon. Je n'avais plus que cette chair traversée de fers, hypnose erratique dans ma tête. Son corps m'était donné. Jusqu'à son ventre. Jusqu'au réveil. Jusqu'au trou noir dans lequel je pénétrais, où je ne savais plus ni quand, ni qui ôta cette chemise pensée pour moi, pour me plaire, m'exciter, me combler.

 

Et moi? Pour le combler? Une lingerie noire, transparente.

 

La transparence. La suggestion. L'Envie : la patience et l'avidité mêlées.

 

Il me l'avait bien dit, qu'il caresserait mes seins encore parés. Et il le faisait, de sa pleine main au souffle de ses doigts musiciens, de pétri à affleuré, le lit de mon sein moulé, du râle au frémissement.

 

La pluie toujours tombait, lointaine, souveraine. Elle mouillait.

 

Je détachais ses cheveux comme le bruit de l'onde qui me baignait les lèvres. Ses longs cheveux noirs. Jusqu'à mes reins.

 

Son corps évoquait celui d'un cerf à la gorge massive, d'un Minotaure mettant à sac ma cité. A la force des bras, à celui du regard, il ordonnait. D'esclave à esclave, il jouait des doigts dans mon dos, dégrafant le désirable indésirable et je chassais pour lui l'opacité qui privait sa bouche de ma mamelle recluse. Des nuits, des années, à la convoiter, l'imaginant, archipel d'une libido inextinguible... Et comme je le faisais un instant plus tôt, il engloutissait le halo rosé de mon sein, glissait la coque de ses doigts, sur l'un, comme l'autre. C'est là, navigant alors sur la source charnue de notre soif, que je bannis l'idée même d'un autre homme de mes pensées, de la surface des mers, du globe entier. Il n'était, sur cet îlot, aucun autre survivant de mes fantasmes. Je cédais à ses lèvres, m'attachais à elles comme à un radeau de fortune, une dernière illusion.

 

Je susurrais debout.

 

- Lèche-moi...

 

Et sans attendre, ni même entendre, il me lécha. Il léchait mon sexe imberbe et je découvrais à nouveau la part cachée, érogène, de ses peaux d'habitude oubliées : mes grandes lèvres sensibles à son toucher, comme un cuir chevelu dénudé découvre enfin qu'il existe, qu'il frisonne, qu'il jouit.

 

Et je jouissais.

 

Et ma chair, et ma peau, et ma nue, elle, me liquéfiaient. Au clapotis de l'eau, ailleurs, loin derrière les rideaux, s'ajoutait celui de ma mouille sur ses doigts.

 

Il me doigtait, lichant avec gourmandise le sirop de mes soupirs. Il était là, en moi, comme le passé qui n'était plus.

 

Je haletais aux efforts surhumains qu'il exigeait de moi : survivre à sa salive, à ses baisers sur ma chatte. Je haletais, ventilais et hyperventilais à l'unisson de sa respiration et des ordres qu'il donnait sans parler :

 

- Mouille...

Mouille que je te doigte encore.

Mouille que je crève d'excitation à la sentir ruisseler de mon index à mon majeur.

Mouille encore pour la queue qu'implorent tes yeux.

 

Non je ne mouillais pas. J'inondais littéralement ses doigts. Je submergeais sa langue. Je le noyais de le vouloir. De mes lèvres à sa bouche. De mon con à ses phalanges. Jusqu'à n'en plus pouvoir.

Mais il redemandait, il commandait mon corps, me tournant de trois quarts, repoussant mon genoux, m'obligeant à retenir les draps qui ne me tenaient pas. Je miaulai comme un chat jeté à l'eau quand il engouffra son visage dans tout ce qui faisait l'antre de mes cuisses, de mon anus à mon clitoris turgescent. Il me mangeait. Comme moi dans sa main.

 

Comme on peut être esclave d'un homme qui nous lèche...

 

Ceux qui ne le font pas, n'ont jamais rien conquis.

 

J'étais renversée, sur mon plaisir, sur le côté, éprise par sa poigne mais allez savoir comment, je réussis à l'arrêter. J'allais jouir. J'allais jouir sans lui. Et l'orgasme lui-même ne valait pas ça.

 

- Viens...

 

L'oxygène dans mon cerveau, ce flou de la lubricité, se dissipait. Plus qu'une apogée, je désirais sa queue, son énorme queue, cette chimère toute-puissante, cet opium de ma mémoire, sa queue qui l'incarnait tout entier.

 

Amoureuse. Attachée. Béante j'étais.

 

La houle m'enlevait la barre dedans ma bouche et je goûtais l'humeur comme l'écume la proue. Le ressac reprenait le dessus. Ses muscles bandaient, imperceptibles. Je le prenais, intégralement, aveuglément, aux confins de mes gorges. Il allait. Je venais. Dans une entente consommée.

 

Je l'entendais gémir quand son gland prisonnier se moulait dans l'impasse. J'aurais pu l'y garder,  indéfiniment, tant sa complainte rauque, abandonnée, m'excitait.

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22 janvier 2014

Comment "retrouver le chemin de cette ENORME offre d'emplois que fait le patronnat français en permanence".

"A partir des années 80, quand on rentre dans une logique de chômage structurel de masse, l'action publique va se modifier, elle va arrêter de faire croire à Karim que s'il va à la médiathèque il va trouver du travail, et elle va se mettre à s'intéresser aux gens qui ne sont pas "à l'Emploi" pour leur faire croire que c'est de LEUR faute. On appelle ça une action publique par dispositifs."
(à 1h35min37sec)

 

Puis un peu plus loin :

"Mesdames et messieurs, nous sommes entrain de vivre, en ce moment, la mort de la démocratie de représentation, parce que la démocratie de représentation, c'est un truc très simple, ça consiste à élire des gens pour qu'ils règlent les problèmes, pour qu'ils fabriquent du Service Public, c'est à dire, de l'intérêt général. Actuellement, on les élit pour qu'ils détruisent du Service Public."

"L'action publique par dispositifs, ça ne s'attaque pas à la cause du chômage qui est l'organisation du travail dans l'entreprise. (le faire ce serait) Dire à Monsieur Michelin "vous allez utilisez vos milliards de bénéfices différemment, vous n'allez pas virer les gens", ça s'attaque au symptôme : le chômeur. Et donc, ça ne marche pas, et la Droite, la Gauche, la Droite, la Gauche, la Droite, la Gauche, nous disent "Nous allons déclarer la guerre au chômage !". Et donc, au bout d'un moment, le citoyen se dit "ça marche pas leur truc, faudrait peut-être essayer autre chose".  Ca tombe bien, y a des repreneurs... Vivendi se pointe (...) : "donnez-moi l'argent des services publics ! Donnez-moi l'argent des impôts ! Donnez-moi l'argent que je puisse jouer ce pognon en Bourse bon Dieu ! Je vais rendre le service, vous inquiétez pas ! Y aura de la flotte... à quatre fois plus cher... Y aura de l'hôpital... pour ceux qui peuvent se le payer... "

 

methode-pipeau

(i' clique)

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21 janvier 2014

De l'impuissance des conseillers Emploi.

Salon-Success-Stories

Non mais... peu importe de quel côté on se met, dans quel angle on prend le problème, qu'on accompagne le public dans une démarche d'insertion de manière humaine, "sociale", ou plutôt "marketing", en prospectant les entreprises, en "vendant" nos demandeurs d'Emploi... le résultat est le même et le problème n'est pas là. On n'infléchit pas pour autant la courbe du chômage en étant le vendeur de demandeurs d'emploi du mois, celui qui aura réussi à caser le plus de précaires dans des boulots de merde.

On est payé pour amortir le choc, pour faire croire que les institutions font quelque chose, pas pour changer quelque chose. Ca se saurait depuis le temps, si nous, conseillers en insertion, on pouvait influer sur les causes. Mais le pire, c'est que c'est cette image-là qu'on renvoie de nous : nous serions des "donneurs" d'emplois. Et d'un coté, comme de l'autre, nous sommes les fautifs : le public nous en veut, on ne "sert à rien" (et ils ont pas tort), et nos supérieurs hiérarchiques, et les élus, et les financeurs, nous en veulent aussi, parce qu'on ne fait pas assez de résultat. Mais qu'on leur dise ! Que quelqu'un leur explique !

Nous, comme tout acteur du champs social d'ailleurs, on est là pour gérer les conséquences d'une politique qui fabrique du chômage de masse, pour prendre les coups, encaisser la colère qui devrait s'exprimer dans la rue, la calmer. En fait, on participe quelque part, à cette politique qui crée et entretient le chômage, la misère, la dépression collective. On est juste des cachets de Xanax ! C'est pas sur nous qu'il faut taper, c'est pas sur nous qu'il faut exercer la pression à coups de quotas et de primes de résultat. Si on voulait vraiment que "nos" demandeurs d'emploi aient du taf, nous tous, conseillers en insertion, toutes structures confondues, on se prendrait par la main, on rejoindrait les chômeurs, et on irait gueuler devant l'Elysée, on irait leur botter le train et exiger qu'ils fassent front, ces politiciens que nous avons élus, qu'ils partent littéralement au combat. Il y a des solutions pour créer de l'Emploi (ou plutôt pour donner du travail libre à tous - cf. vidéo en bas du message), pour répondre au besoin des citoyens, pour qu'ils participent activement à la vie de la Cité, parce que c'est la seule chose qui les intéresse, ça : être quelqu'un, s'épanouir, manger, se chauffer, s'amuser un peu, et profiter de ceux qu'ils aiment.

Mais ce qui est horrifiant, c'est de s'apercevoir que la très grande majorité des conseillers eux-mêmes, ne s'aperçoivent pas qu'ils n'ont aucun pouvoir de remédier au problème de chômage de leur bassin d'Emploi. Ils ne voient pas, ne comprennent pas que les individus qu'ils accompagnent n'ont pas besoin de conseils en insertion, puisqu'ils sont, de fait, partie intégrante de la société dans laquelle on souhaiterait les insérer...On fait peser sur eux, le poids d'une politique choisie et appliquée, en leur prodiguant des conseils pour qu'ils intègrent la société, comme s'ils n'en faisait pas déjà partie... Et on leur trouve tous les freins, tous les défauts, toutes les lacunes possibles, pas de diplômes, pas de connaissances X ou Y, pas d'expérience, trop jeune, trop vieux, trop moche, pas assez blanc, pas assez mobile, etc etc... C'est toujours de leur faute, jamais de celle de l'Etat dont l'une des obligations est de leur fournir du travail, qui qu'ils soient. Alors on les remodèle, on les relooke, on les renvoie en formation, on les harcèle, on leur apprend à conduire, à se vêtir, à parler, à mentir, à rentrer dans un moule rond alors qu'ils sont carrés... C'est ça, s'insérer dans la société, ressembler à ce que le Marché de l'Emploi exige de nous tous.

Et tous ces conseillers en Insertion, aveugles et sourds, luttent quotidiennement pour trouver des solutions, se remettent en question dans leur pratique et acceptent même de voir leur poste évoluer d'accompagnateur social à commercial... Alors que la seule chose que l'on puisse faire, c'est d'assumer notre rôle de Xanax parce qu'il est utile dans l'urgence quotidienne de nos publics et de militer et de chercher la voie vers la Démocratie.

La définition de "démocratie" au prochain épisode :)

 

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16 juillet 2013

Nan mais j'te jure...

Merci au détenteur de l'ip 90.39.210.250, d'avoir visité mon blog suite à sa recherche de "musiciennes sodomisées"..................

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06 juin 2013

Un groupe de jeunes trous du cul de Gauche qui veulent casser du trou du cul de Droite, croise un groupe de jeunes trous de cul de Droite qui veulent casser du trou du cul de Gauche. Une autre histoire de gangs, de couleurs, d'appartenance. Des conneries quoi...
Forcément, ils se foutent méchamment sur la gueule, mais c'était bien le but, et malheureusement, y en a un qui meurt. Que ce soit un trouduc de Gauche, ou un trouduc de Droite, c'est pile ou face. Aujourd'hui, les infos auraient tout aussi bien pu annoncer la mort d'un jeune du clan adverse. Dans les deux cas, c'est juste des pauv' gamins perdus à cause d'une société pourrie. Le but, c'est la division, et ça marche. Ce soir, tout le monde s'étripe gaiement sur les réseaux sociaux pendant que les patrons du CAC40 sirotent leur Champagne sans prêter la moindre attention à la vermine qu'ils exploitent et qu'ils poussent à bout.

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14 mai 2013

Frédric LORDON et Judith BERNARD

"Il n'y aura pas de lutte parce que tout le monde aura été anesthésié dans le salariat "content"."

"L'argent est un concentré de violence et de désir."

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